The Pearson Papers - Sommaire

Volume 11, numéro 1 -
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Le Centre Pearson pour le maintien de la paix (CPMP) a le plaisir de présenter le onzième volume des Pearson Papers:
"Enjeux d’une coopération et coordination efficace en opérations de paix"
(Challenges of Effective Cooperation and Coordination in Peace Operations)


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  • Avant-propos
  • Compte tenu de la diversité des acteurs et organisations qui interviennent dans les complexes opérations de paix, la notion d’intégration est devenue de plus en plus pertinente, comme en atteste le débat animé chez les théoriciens et les praticiens de la communauté des opérations de paix.  Au sens étroit du terme, l’intégration est souvent perçue comme une démarche difficile et même indésirable. Cependant, si on l’inscrit dans une grande tendance vers le renforcement des opérations de paix, l’intégration fait ressortir l’importance de la coopération et de la coordination entre tous les acteurs appelés à intervenir dans des opérations de paix.
    De plus en plus, les intervenants militaires, policiers et humanitaires se retrouvent en situation, parfois de partage, mais le plus souvent de cohabitation lors de complexes opérations de paix. Confrontés à des perspectives diverses, à un manque de clarté au sujet de leurs rôles et responsabilités et au besoin de dégager les leçons apprises, ces intervenants trouvent des moyens nouveaux et novateurs de collaborer et de synchroniser leurs actions. Alors qu’on procède à une refonte en profondeur des principes, directives et doctrines opérationnels afin d’inclure la multiplicité des perspectives lors des efforts d’intervention, nous devons faire davantage pour mieux comprendre les approches actuelles aux opérations complexes contemporaines.  C’est dans cet esprit que les Pearson Papers entreprennent une réflexion et une analyse du thème de la coopération et de la coordination en choisissant quatre articles important et un rapport de campagne.
    Le premier article examine les effets de la transition des opérations de paix multinationales vers les opérations de paix régionales sur la capacité des Nations Unies de maintenir la paix et la sécurité sur le plan international. Bien qu’il soit déjà possible de dégager certains résultats positifs découlant de cette transition, il n’en demeure pas moins qu’une coordination rehaussée et concertée de toutes les parties intéressées aux opérations de paix est essentielle à la paix et à la sécurité à long terme. La coordination devient encore plus critique lorsque le leadership est dispersé, que les efforts sont fragmentés et qu’il existe un désaccord au sujet des priorités d’accès à de rares ressources et installations. Cette réalité ressort des trois autres articles et du rapport de campagne qui abordent le thème de la coopération et de la coordination entre divers acteurs dans le contexte afghan.
    L’Afghanistan est un prototype intéressant d’intervention mandatée par l’ONU mais dirigée par une coalition qui vient, non seulement bousculer notre compréhension « linéaire » bien ancrée dans la tradition des processus de paix, mais qui repousse également les limites de notre perception, de notre compréhension et de notre travail dans des environnements intégrés. C’est dans cette optique que les articles examinent les difficultés et les atouts d’une interaction civilo-militaire en Afghanistan et les progrès de la démarche pangouvernementale d’une coalition, des équipes de reconstruction provinciale (ERP) et de la perspective humanitaire. Enfin, le rapport de campagne fournit un compte rendu crédible de la nature des défis que posaient la coopération et la coordination sur le terrain.
  • Les répercussions des opérations de paix régionales sur la capacité de maintien de la paix des Nations Unies
  • The Implications of Regional Peace Operations on United Nations Capacity for Peacekeeping
    Le déploiement d’opérations de paix par des organisations régionales est souvent préconisé comme moyen de soulager l’ONU dans ses efforts de maintien de la paix et de la sécurité et comme moyen de promouvoir la coopération entre organisations ayant des buts complémentaires. Or, dans la pratique, il s’avère que la prépondérance croissante d’intervenants autres que l’ONU dans les opérations de paix n’est pas nécessairement une entreprise à valeur neutre et que la justification du recours à la force par des agences régionales coïncide avec la réticence croissante des pays développés à placer des troupes sous le commandement de l’ONU. Cet article évaluera la transition vers des opérations de paix régionales en cherchant à établir si cette tendance nuit à la capacité de l’ONU de maintenir la paix et la sécurité sur le plan international. Il examinera deux opérations régionales : l’Opération Artemis, déployée par l’Union Européenne dans la République démocratique du Congo en 2003 et la mission de l’Union Africaine au Soudan. Cet article fera valoir que, bien que ces opérations régionales apportent un soulagement temporaire durant une crise humanitaire, elles n’auront, sans une coopération améliorée avec l’ONU,  que peu d’impact sur la paix et la sécurité à long terme. Auteure: Laurie Gorman
  • L’OTAN et les militaires comme partenaires de confiance dans l’interaction civilo-militaire
  • NATO and Militaries as Trusted Partners in Civil-Military Interaction
    L’avenir de l’OTAN dans les missions multidimensionnelles lors de conflits, après conflit et après sinistre, est assuré si l’OTAN continue à rehausser et à élargir sa capacité d’interaction civilo-militaire. L’efficacité de l’interaction civilo-militaire de l’OTAN dépend de la confiance qu’elle parviendra à se gagner chez les civils en qualité de partenaire. À cette fin, les militaires de l’OTAN travaillent présentement à concevoir de nouveaux mécanismes élargis d’interaction entre civils et militaires. Ce sera la condition sine qua non du succès de la transformation de l’OTAN énoncée dans la vision stratégique de 2004 présentée par les commandants stratégiques de l’OTAN. Cet article examine certains des principes fondamentaux d’une interaction civilo-militaire efficace et certaines des démarches en ce sens de l’OTAN et des militaires en général.
    On trouvera, au cœur de la confiance envers ce partenariat civilo-militaire, un effort concerté et la réputation durement gagnée des militaires de l’OTAN de ne pas usurper les rôles des civils et de ne pas chercher à coordonner les efforts des civils.  Divers éléments militaires de l’OTAN ont empiété sur le territoire des civils, ce qui s’est avéré très nuisible aux efforts entrepris pour se gagner la confiance des civils.
    L’avenir de l’OTAN dans les complexes missions multidimensionnelles est lié inexorablement à l’efficacité de l’interaction civilo-militaire sur le terrain. Le succès viendra lorsque l’OTAN parviendra à se limiter à un rôle militaire qui vise avant tout à fournir à ses partenaires civils un environnement stable et sécuritaire. Cet effort d’autodiscipline de la part de l’OTAN est essentiel à la confiance qu’elle se méritera. Le danger existe que l’OTAN succombe à la tentation de chercher à contrôler, diriger, façonner ou même supplanter les civils ce qui aurait pour effet de détruire plutôt que de bâtir la confiance nécessaire à l’efficacité de l’interaction civilo-militaire et d’affaiblir plutôt que de renforcer les capacités des militaires et des civils. Auteur: Paul LaRose-Edwards
  • Comprendre le rendement de la coopération civilo-militaire : une étude de cas de l’équipe hollandaise de reconstruction provinciale
  • Understanding the Performance of Civil-Military Cooperation: A Case Study of the Dutch Provincial Reconstruction Team
    Cet article examine le rendement de la coopération civilo-militaire. Il y a certes lieu de chercher à évaluer le rendement de la coopération civilo-militaire afin de mieux saisir la contribution réelle de cette coopération. Cependant, il est souvent difficile, dans la pratique, d’évaluer et de mesurer la contribution réelle de la coopération aux objectifs des participants respectifs. Un cadre d’évaluation du rendement constitué d’un ensemble de critères de rendement a été élaboré et, au moyen d’une série d’études de cas, a été appliqué à huit alliances civilo-militaires de l’équipe hollandaise de reconstruction provinciale au Baghlan, province du nord de l’Afghanistan. L’étude de cas montre que, malgré la satisfaction générale des participants à l’égard de leur rendement, la plupart des alliances observées n’ont pas contribué de façon significative à plusieurs des critères de rendement descriptifs telle la durabilité, la conscience de la situation et la protection des forces. Pour améliorer le rendement de la coopération civilo-militaire, la recherche formule des recommandations en ce qui a trait à la continuité des activités. Ces recommandations portent notamment sur la structure de la collecte et du traitement des informations et sur l’augmentation de la participation des populations locales et des organisations humanitaires. Auteur: Bas Rietjens
  • Repenser l’intégration plus en profondeur : l’importance d’assurer une intervention humanitaire indépendante en Afghanistan et ailleurs
  • Rethinking Deeper Integration: The Case for Safeguarding Independent Humanitarian Action in Afghanistan and Beyond
    Actuellement, les pratiques exemplaires suggèrent que les missions de résolution de conflit ont de meilleures chances de réussir lorsqu’elles procèdent selon une démarche intégrée ou pangouvernementale. Cette approche dépend de la coopération entre les acteurs dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement faisant front commun pour protéger la population, répondre aux besoins essentiels et appuyer la reconstruction des états effondrés.
    Ce modèle a maintenant été adopté pour la guerre contre le terrorisme qui a formulé a posteriori ses interventions en termes de droits de la personne et de secours humanitaires. En Afghanistan, la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) s’efforce maintenant d’adopter une démarche pangouvernementale dans une guerre contre l’insurrection voulant que les besoins de la sécurité de l’État aient préséance sur les besoins de la sécurité des personnes et sur les préoccupations humanitaires (ces deux derniers éléments étant maintenant passablement négligés).
    Cet article fait valoir que la politisation et la militarisation de l’aide apportée en Afghanistan dans le cadre de la démarche pangouvernementale ont créé des difficultés humanitaires non résolues et contreproductives qui pourraient être partiellement résolues en dissociant les activités humanitaires de la démarche pangouvernementale et du projetpolitico-militaire en cours. Auteur: Stephen Cornish
  • Le choc des révélations : les nations de la FIAS ont du mal à vendre chez elles l’idée d’une approche intégrée
  • Clash of Revelations: ISAF Nations Struggle to Sell the Integrated Approach on the Home Front
    Peu importe qu’on examine l’opération de la FIAS selon le point de vue afghan ou la perspective nationale des pays contribuant des troupes, ce n’est pas la situation militaire qui préoccupe la plupart des analystes. Ce qui menace l’état normal des choses, c’est plutôt le manque de capacité d’assurer la sécurité nationale, la fragilité du tissu social d’un pays déchiré par la guerre et l’absence de structures de gouvernance locale. La question est donc de savoir s’il existe un engagement politique suffisant pour déployer les ressources nécessaires dans les efforts diplomatiques et économiques de sorte à créer une stabilité véritable et à distribuer des dividendes de paix concrets à la population. Les efforts doivent s’inscrire dans une stratégie mieux intégrée pour aider l’Afghanistan à réaliser l’un des exercices de reconstruction les plus ambitieux de l’histoire moderne. Un réel engagement à poursuivre un processus politique inclusif constitue la clé de la stabilité en Afghanistan. Une approche intégrée devrait encourager les négociations avec le Taliban et prévoir une stratégie de retrait des troupes étrangères. Auteure: Christa Meindersma




Volume 10, numéro 1:
"Mesures de l’efficacité : opérations de paix et au-delà"

(Measures of Effectiveness: Peace Operations and Beyond)

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  • Nos sept guerres en Afghanistan : Progrès selon le modèle SWORD
  • Our Seven Wars in Afghanistan: Progress under the SWORD Model
    Des rapports soutenus de  corruption, de violence croissante, de difficultés de développement et de lents progrès dans l’éradication de la culture du pavot semblent indiquer que la situation en Afghanistan se détériore. Cet article fait valoir que les chances de succès dans cette nation perturbée vont en s’améliorant – bien que plusieurs ajustements devront être apportés à l’approche adoptée pour résoudre la situation.
    Les efforts soutenus de contre-insurrection en Afghanistan seront évalués à l’égard des sept dimensions stratégiques du modèle SWORD ou ‘guerre à l’intérieur de la guerre.’ Ces dimensions stratégiques sont : (1) la guerre de légitimité; (2) la guerre ouverte; (3) la guerre visant à isoler les insurgés de leurs soutiens internes; (4) la guerre visant à isoler les insurgés de leurs soutiens externes; (5) la guerre visant à fixer le cap et à maintenir les engagements; (6) la guerre du renseignement et des informations; (7) la guerre de l’unité de l’effort.
    Une approche fondée sur les tendances est utilisée de sorte à déterminer la progression ou régression de chaque ‘guerre’ au moyen de tendances relatives aux éléments clés de cette guerre.  Ces tendances seront dérivées des indicateurs de la situation en Afghanistan ainsi que de l’adhésion croissante ou décroissante des éléments concernés de la communauté internationale aux dimensions du modèle   SWORD. La plupart des tendances sont positives, indiquant donc que les guerres sont victorieuses et que l’ensemble des chances de succès en Afghanistan est à la hausse. Quelques autres tendances sont négatives, indiquant une régression.
    L’article suggère comment les tendances positives peuvent être accentuées encore davantage et comment les tendances négatives peuvent être renversées afin qu’il soit possible de gagner les sept guerres en se concentrant sur les aspects qui peuvent être influencés le plus facilement par le gouvernement afghan et la communauté internationale.
  • Mesure de l’efficacité des activités de reconstruction et de stabilisation
  • Measuring the Effectiveness of Reconstruction and Stabilization Activities
    La communauté internationale a été saisie de l’importance de mesurer l’efficacité des activités émergentes de  ‘reconstruction et stabilisation’ dans les environnements touchés par la guerre.  Ce phénomène est motivé en partie par la nécessité de calculer les coûts de ces entreprises très onéreuses mais aussi parce que ces activités se sont avérées moins efficaces que prévu.  Si, d’une part, la communauté internationale s’intéresse à mesurer l’efficacité de ses travaux dans des pays tels l’Afghanistan, elle peut, d'autre part, refuser de se rendre à l'évidence que ses activités de reconstruction et de stabilisation peuvent être inefficaces ou, pire encore, que ces activités ont des effets négatifs sur les populations cibles se rétablissant des effets d’un conflit armé.
    Les systèmes de mesure d’efficacité qui sont disponibles, notamment les indicateurs des combats militaires, sont insuffisants en ce qui a trait à la quantification des indicateurs culturels et sociaux et exigent une refonte de manière à permettre de saisir les impacts à plus long terme sur les narrations culturelles au sein des populations cibles se rétablissant de tels conflits.
    Cet article fait ressortir la nécessité d’inclure des narrations sociales et culturelles, ainsi que des chiffres et bilans, dans les nouveaux systèmes de mesure, afin de mieux comprendre l’efficacité des activités de reconstruction et de stabilisation dans les environnements touchés par la guerre. De plus, il incombe aux interventionnistes de réexaminer les populations récipiendaires et de dégager des mesures d’efficacité dans leurs perspectives.
  • Ce qui doit être mesuré dans les opérations de paix
  • What to Measure in Peace Operations
    Cette thèse trace le portrait dans le domaine de l’évaluation des opérations de paix. L’auteur recommande un mélange d’approches au niveau macro et d’évaluation d’impact conjugués à la théorie sur le capital social et aux résultats du modèle de responsabilisation de Mark Friedman qui privilégie la contribution par rapport à l’attribution.
    La principale innovation de cette thèse est l’hypothèse que le fait d’évaluer les relations complexes entre l’opération de soutien de la paix, la violence, la sécurité humaine, les perceptions, la dynamique de groupe et la politique revient à accepter que la guerre est une culture en elle-même. Si on accepte cette hypothèse, on se doit alors d’élaborer des indicateurs pour mesurer la nature latente de la transformation de la société d’une culture de guerre en une société qui entreprend de résoudre ses problèmes et fissures par des moyens non violents.
    À cette fin, le modèle d’évaluation proposé par l’auteur tente d’esquisser une méthodologie qui pourrait intégrer plusieurs facteurs contributifs. Une approche qui évite le besoin d’appliquer une causalité stricte consiste à recourir à un modèle d’agent de changement.
  • La zone de conflit à deux paliers Israël-Palestine et ses répercussions sur l’intervention internationale : Qu’est-ce qui ne va pas et que peut-on faire?
  • Israeli-Palestinian Bi-level Conflict Zone and Its Implications for International Intervention: What Went Wrong and What Canbe Done?
    Au cours de la seconde intifada, la communauté internationale a lancé plusieurs initiatives qui ont échoué pour assurer un cessez-le-feu et rétablir les conditions qui régnaient entre Israéliens et Palestiniens en septembre 2000. Cet article cherche à comprendre pourquoi ces missions n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs.
    Un certain nombre de facteurs communs à la plupart des récentes interventions font ressortir la nécessité de repenser les approches aux interventions dans la zone du conflit Israël-Palestine, dont la caractéristique unique de zone de conflit à deux paliers qui défie les distinctions classiques entre conflit interétatique et intraétatique. L’analyse de l’expérience internationale sur la scène Israël-Palestine ainsi qu’en Iraq démontre la nécessité d’élaborer de nouvelles approches conceptuelles mettant l’accent sur la stabilisation et la reconstruction plutôt que sur la paix et la réconciliation.
    Cet article soutient également que le déploiement d’une force internationale ayant de fortes capacités de renforcement des états dans la zone du conflit Israël-Palestine est essentiel à l’établissement  d’un état palestinien viable. Une telle intervention internationale pourrait aussi réduire de façon appréciable l’asymétrie politique dans la zone du conflit et mettre en place les conditions nécessaires à l’ouverture de négociations entre Israël et l’autorité palestinienne.



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